Jeune conducteur français consultant son smartphone devant sa voiture compacte dans un parking résidentiel
Publié le 22 février 2026

Quand Lucas m’a écrit la semaine dernière, sa question tenait en une ligne : « J’ai 24 ans, permis depuis deux ans et demi, je paie 95 € par mois. C’est normal ? » Soyons clairs : oui, c’est dans la moyenne haute. Mais ce qui m’a frappé, c’est qu’il attendait ses 25 ans comme le Graal. Mauvaise nouvelle pour lui : cet anniversaire ne changera probablement rien à sa facture. Selon le baromètre 2026 LeComparateurAssurance, un jeune conducteur paie en moyenne 2081 par an, contre 633 pour un conducteur expérimenté avec bonus maximum. Un écart de 3,3 fois. La vraie question n’est pas « quel âge avoir », mais « quels critères activer ».

L’essentiel sur l’âge et le coût de votre assurance auto

  • Ce n’est pas l’âge de 25 ans mais l’ancienneté de permis (3 ans) qui fait baisser la surprime
  • Le bonus-malus vous fait économiser 5 % par an sans sinistre, jusqu’à -50 % après 13 ans
  • La conduite accompagnée réduit la durée de surprime à 2 ans au lieu de 3
  • Votre relevé d’information est la clé : demandez-le avant toute comparaison

Âge ou ancienneté de permis : ce qui fait vraiment baisser votre prime

Franchement, c’est l’erreur que je constate le plus souvent dans les questions des lecteurs. La confusion entre l’âge civil et l’ancienneté de permis. Beaucoup pensent qu’à 25 ans, leur tarif va chuter automatiquement. La réalité est différente : c’est le nombre d’années depuis l’obtention du permis qui compte, pas les bougies sur le gâteau.

25 ans : le faux ami des jeunes conducteurs

L’âge de 25 ans n’est PAS un seuil réglementaire imposé par la loi. C’est une pratique commerciale propre à certains assureurs. Le vrai critère légal reste l’ancienneté de permis : 3 ans minimum sans sinistre responsable pour voir disparaître la surprime.

Selon Service-Public.fr, la surprime jeune conducteur s’applique pendant 3 ans maximum après l’obtention du permis. Elle disparaît au bout de 2 années complètes d’assurance sans accident responsable. Concrètement, si vous avez eu votre permis à 18 ans sans passer par la conduite accompagnée, votre surprime peut rester active jusqu’à vos 21 ans minimum, pas jusqu’à 25 ans.

C’est la date du permis qui compte, pas celle de naissance



Dans mes échanges avec les lecteurs, je constate régulièrement cette déception : ils attendent un anniversaire qui ne change rien. Si vous cherchez à mieux comprendre quelle couverture d’assurance auto par profil vous correspond, commencez par vérifier votre date de permis, pas votre date de naissance.

Le bonus-malus, votre allié pour payer moins cher année après année

Le coefficient bonus-malus est probablement le mécanisme le plus mal compris par les conducteurs. Je vais vous l’expliquer sans jargon : c’est un multiplicateur appliqué à votre prime de base. Plus il est bas, moins vous payez. Simple.


  • Coefficient 1,00 (point de départ, sans historique)

  • Coefficient 0,95 (-5 % si aucun sinistre responsable)

  • Fin théorique de la surprime jeune conducteur

  • Coefficient 0,76 (bonus de 24 %)

  • Coefficient 0,50 (bonus maximum de 50 %)

-50 %

Réduction maximale atteignable après 13 ans sans sinistre responsable

Conformément à l’article A121-1 du Code des assurances, chaque année sans sinistre responsable réduit votre coefficient de 5 % (multiplication par 0,95). À l’inverse, un accident responsable le majore de 25 %. Le coefficient minimum est de 0,50, le maximum de 3,50. Ces règles sont nationales, tous les assureurs les appliquent.

Ce que les assureurs ne vous disent pas toujours clairement : le temps travaille pour vous. Pour ceux qui cherchent à trouver une assurance auto adaptée à leur budget, sachez que votre coefficient actuel est la première information à vérifier. Elle figure sur votre relevé d’information, un document gratuit que votre assureur doit vous fournir sur simple demande.

Un point que je martèle souvent : même si vous n’avez pas de voiture, si vous conduisez régulièrement celle d’un proche en tant que conducteur secondaire déclaré, vous accumulez de l’historique. C’est un levier sous-exploité par beaucoup de conducteurs occasionnels.

Ces profils qui paient moins cher (et comment en faire partie)

Au-delà de l’ancienneté de permis et du bonus-malus, d’autres critères influencent votre tarif. Je pense à ce dossier traité récemment qui illustre bien les pièges à éviter.

Le cas d’Émilie, 28 ans, qui reprend le volant après 8 ans

J’ai échangé avec Émilie l’année dernière via les commentaires du blog. Infirmière libérale en zone rurale près de Nantes, elle avait obtenu son permis à 18 ans puis n’avait plus conduit pendant 8 ans (transports en commun en ville). À 26 ans, elle reprend le volant pour ses tournées. Surprise : son devis affichait un tarif proche du jeune conducteur. Son bonus acquis entre 18 et 20 ans ? Perdu, car l’interruption dépassait 3 ans. Elle a finalement trouvé un assureur via un courtier qui a accepté de valoriser son ancien historique. Comptez 3 semaines de démarches et une économie de 400 € par an par rapport au premier devis.

Reprendre la conduite après plusieurs années : un profil souvent pénalisé à tort



Selon le guide Meilleurtaux 2025, la conduite accompagnée (AAC) divise par deux la surprime dès la première année : 50 % au lieu de 100 %, puis 25 % la deuxième année, et 12,5 % la troisième. Si vous êtes parent d’un futur conducteur, c’est l’un des conseils les plus rentables que je puisse donner.

Vérifications avant de comparer les offres



  • Demander votre relevé d’information à votre assureur actuel (gratuit, sous 15 jours)


  • Vérifier votre coefficient bonus-malus actuel sur ce document


  • Calculer votre ancienneté de permis exacte (date d’obtention, pas âge civil)


  • Lister les périodes d’interruption d’assurance éventuelles


  • Comparer avec ces informations en main, pas avant

Les autres critères qui jouent en votre faveur : un véhicule de faible puissance, un stationnement en garage fermé, un usage domicile-travail limité en kilomètres, et parfois la fidélité multi-contrats chez le même assureur. Cette liste n’est pas exhaustive, mais ce sont les leviers que vous pouvez activer immédiatement.

Vos questions sur l’âge et le coût de l’assurance auto

Mon assurance baisse-t-elle automatiquement à 25 ans ?

Non. L’âge de 25 ans n’est pas un seuil légal. Certains assureurs l’utilisent comme critère commercial, mais la majorité se basent sur l’ancienneté de permis (3 ans) et votre coefficient bonus-malus. Si vous avez eu votre permis à 22 ans, ne comptez pas sur une baisse à 25 ans : il faudra attendre vos 25 ans de permis, soit 3 ans après l’obtention.

Comment fonctionne exactement le bonus-malus ?

Votre coefficient démarre à 1,00. Chaque année sans sinistre responsable, il est multiplié par 0,95 (soit -5 %). Chaque sinistre responsable le multiplie par 1,25 (+25 %). Le minimum est 0,50 (bonus 50 %), le maximum 3,50. Atteindre le bonus maximum prend 13 ans de conduite irréprochable.

Que se passe-t-il si j’arrête de conduire pendant plusieurs années ?

Une interruption d’assurance de plus de 3 ans fait généralement perdre le bonus acquis. Vous repartez alors avec un coefficient proche de 1,00, voire avec une surprime si l’assureur vous considère comme conducteur sans expérience récente. Gardez une trace de vos anciens relevés d’information : certains assureurs acceptent de les prendre en compte.

La conduite accompagnée fait-elle vraiment baisser le tarif ?

Oui, significativement. La surprime passe de 100 % à 50 % la première année, puis 25 % la deuxième, et 12,5 % la troisième. La durée totale de surprime est également réduite à 2 ans au lieu de 3. Sur trois ans, l’économie peut dépasser 1 000 € selon le tarif de base.

Comment obtenir mon relevé d’information ?

Demandez-le par écrit (courrier, email ou espace client) à votre assureur actuel. Il doit vous le fournir gratuitement sous 15 jours. Ce document récapitule votre historique de sinistres sur les 5 dernières années et votre coefficient actuel. C’est la pièce indispensable pour comparer les offres sérieusement.

La prochaine étape pour vous : avant de vous lancer dans des comparatifs en ligne, récupérez votre relevé d’information. C’est le seul document qui vous donne votre coefficient réel et votre historique vérifiable. Sans lui, vous comparez dans le vide, et vous risquez des déconvenues au moment de la souscription effective.

Ce que cet article ne peut pas vous garantir

  • Les tarifs indicatifs peuvent varier significativement d’un assureur à l’autre et selon votre historique personnel
  • Les critères tarifaires évoluent et chaque compagnie applique sa propre politique commerciale
  • Votre profil exact (véhicule, lieu de stationnement, usage) influence le tarif final au-delà de l’âge

Pour une analyse personnalisée de votre situation, consultez un courtier en assurance inscrit à l’ORIAS ou le conseiller de votre assureur actuel.

Rédigé par Sophie Castel, journaliste spécialisée automobile et assurance depuis 2018. Elle accompagne les lecteurs dans la compréhension des mécanismes tarifaires auto, avec un focus sur les profils jeunes conducteurs et conducteurs atypiques. Basée à Lyon, elle a répondu à plusieurs centaines de questions lecteurs sur les problématiques de budget assurance et collabore régulièrement avec des courtiers et experts du secteur.